Portrait de crise #47 – Oum Ali

Moi j’aurais voulu qu’on entende toute la ville pleurer! C’est nous qui l’avons abandonné! Il est mort seul, et on était ailleurs. On était plus dans la ville. Avant on entendait sa voix dans la cour, entre toutes les télés allumées, à chaque discours. On savait qu’on était unis parce qu’on savait plus de qui le son venait! Et si on était restés ensemble, on se serait pas entendus pleurer non plus! Au lieu de ça chacun a pleuré à son rythme, au moment où il y a cru, chacun dans son coin, et les derniers ont craqué quand il y a eu l’annonce officielle. J’ai honte de nous.

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