« L’épigénétique est une chance et un magnifique secteur porteur, elle a cessé d’être de la science fiction« . Alors que le grand public est souvent confronté à des récits sur les transmission de traumatismes trans-générationnels, ou bien même à l’idée que l’ADN serait une archive complète de la vie de nos ancêtres, par exemple récemment illustré dans la saga à succès Dune, Jawad Bazzi, le fondateur de ResiliO, y voit autre chose : « c’est un secteur extraordinaire et innovant, où nous travaillons à rendre crédible et opérationnel des idées qui paraissaient impossibles il y a encore 10 ans« .

Bazzi est à la tête de ResiliO, une startup en série A qui a suscité un engouement intense auprès des investisseurs depuis 2023. Et un fleuron des startup non-seulement sous pavillon libanais de part ses fondateurs, mais qui plus encore revendique de s’appuyer sur une richesse naturelle du Liban : « le Liban n’a pas de pétrole ou de gaz, mais il est devenu plus clairement ces années passées un gisement extraordinaire de résilience, que nous nous proposons d’extraire et de commercialiser« .
« Chez ResiliO, nous avons considéré que le Liban pouvait être pris comme une population où la prévalence de gènes de la résilience était parmi les plus élevées au monde, et à partir de là avons travaillé sur l’activation/inhibition de ces gènes au fil des générations libanaises, jusqu’à proposer un produit qui permette un transfert de ces gènes auprès de population non-libanaises ».
Le produit séduit et intrigue. Mais la startup va même plus loin, sur un autre aspect purement marketing cette fois-ci, qui a beaucoup intrigué les investisseurs : le système de pricing dynamique de la startup qui fait partie intégrante du traitement. Celui-ci fait l’objet d’un protocole de candidature sévère comme le signale Bazzi, « afin de pré-activer les gènes de la résilience de nos clients, nous avons réutilisé les éléments requis pour les demandes de visas des libanais auprès de pays étrangers« .
En clair, suivant le pays d’origine du demandeur le dossier peut s’avérer automatiquement acceptée, ou nécessiter un long et onéreux processus : « l’expérience ResiliO commence très tôt pour nos clients, un citoyen américain doit ainsi remplir un formulaire de 12 pages, ajouter une photo dans un format spécifique, régler 185 dollars, se munir de preuves d’un soutien à la Palestine depuis octobre 2023 ou d’une attestation de non-hostilité à la Palestine, et se plier à une interview avant que nous puissions même accepter son dossier« . C’est toutefois les conditions de mars 2025 que Bazzi décrit là.
Car s’appuyant sur son IA développée en interne, ResilIA, la startup change régulièrement ces règles afin de déstabiliser le tissu génétique de la clientèle et procéder à une préouverture de l’ADN, « une pré-mise en condition qui augmente les chances de succès du traitement 2 à 3 fois plus, plus le dossier paraît compliqué et cher, plus vous mettez les chances de votre côté autrement dit parce que vous touchez du doigt une des expériences fondatrices de la résilience ».
Mais ResiliO a aussi fait sensation dans le pays même ces derniers mois, avec une campagne marketing inédite et une tournée dans les régions pour l’élection de Mister et Miss Resilience 2025, valorisant la résilience dans sa diversité avec le slogan choc « 50 nuances de résiliences« . Ce concours compétitif inspiré par Arab Idol, et promettant 10,000 dollars à chaque vainqueur, aurait attiré 3000 personnes sur 3 mois de campagne.
La suite pour ResiliO pourrait s’avérer encore plus étonnante : c’est du côté des partenariats que se tourne l’entreprise en ce moment, ayant pu démontrer une corrélation entre son injection d’ADN et l’achat de certains produits. « Par hasard et grâce à resilIA nous avons réalisé par un traitement inédit de nos données que l’injection d’ADN libanais ne boostait pas seulement la résilience mais aussi la probabilité d’acheter une berline allemande de luxe, l’appétence à investir plus facilement dans la crypto et les promesses de 15-20% de retour sur investissement annuels. » L’avenir est radieux pour la startup : « nous sommes en train de travailler à ce titre avec les grandes marques pour proposer des services intégrés et des produits communs, et dessiner ensemble des crossovers innovants« .
Mais le boost pourrait bien aussi venir de l’actualité internationale : « plusieurs armées et gouvernement européens se sont intéressées à nos produits dans le contexte des basculements géopolitiques actuels« , commente, prudent, Bazzi sous l’œil sévère de sa chargée de communication qui lui fait signe de ne pas trop s’aventurer sur ce terrain. Contacté, un expert du secteur de la défense, Marc C., confirme qu’il a bien senti ces dernières semaines l’engouement pour ResiliO dans les discussions stratégiques, « les armées et les gouvernements connaissent bien le Liban. Elles sont séduites par ResiliO dans le sens où il offrirait un produit extraordinaire pour augmenter la probabilité que la population encaisse les pires situations en silence, chacun chez soi et sans aucune rébellion interne – la distribution d’une pilule de résilience comme on a distribué des pilules d’iode aux abords des centrales nucléaires n’est peut-être pas si lointaine« . C’est peut-être toute l’échelle du projet qu’il s’agirait alors de repenser, un défi « ‘incroyablement excitant » pour Bazzi, qui sourit, les yeux brillants, et qui entend bien faire de la startup plus qu’une licorne, cette catégorie de startup qui sont valorisées à plus d’un milliard d’euros : « un phénix« .