. . l . . u a k . . . !
La voix était sortie claire et assurée, juste avant que le grain de la fumée ne remonte aux narines. L’habitude de la clameur et de ce coup au ventre pour la faire jaillir avait pris le reste de vitesse.
a l . . . . . a . . . r
Le premier cri en appelait un second, sans réfléchir, la poursuite de cette rythmique de chapelet protecteur. A l’arrivée du tumulte au sol, il y eut un moment précis de croisement des sons. Cette voix seule recouvrait de peu – à ce fil et cette seconde près – le bruit en perdition.
. . . a h . a . . a r
Le troisième cri commença à se couvrir. La voix rapait sur des cordes encombrées – incrédule de se sentir pénétrée, effondrée et détrempée après ces quelques secondes imperméables au torrent de poussières.
a l l a h u a k b a r
Au quatrième, un humble reste. De voix derrière le souffle, ralentie à chaque syllabe, bientôt détimbrée. Mais un résidu d’air est quand même retenu avant la poussée finale jusqu’au bout des bronches. Parce qu’il faudra bientôt ouvrir les yeux, compter les étages avec gravité, situer la frappe dans des souvenirs. Prier pour qu’elle ait enjambé cet étage précis, celui qu’on a familier jusqu’au corps.