Brève. Nabih Berry, inattendue star de l’IA!

Les stars n’en finissent plus de se retrouver prises dans des débats liées à l’appropriation de leur image par l’IA. Mais bien peu auraient pu se douter que la dernière en date se trouverait être…l’indéboulonnable politicien libanais Nabih Berry, depuis plus de 30 ans à la tête du Parlement. Il fait partie des hommes politiques historiques dans ce pays qui traverse une crise sans fin depuis 2019.

Mais sans crier gare, son nom se retrouve aujourd’hui sur toutes les lèvres des jeunes loups de la Silicon Valley. Malgré lui, il est devenu le cœur d’une polémique sur l’IA et la cybersécurité depuis la Californie, après une fuite massive de données d’une jeune startup nommée MachIAvel.

Créé en 2020, et se positionnant officiellement comme une startup politique visant à créer des outils d’assistance à la prise de décision, cette startup était surtout soupçonnée de développer une version particulièrement machiavelique et sans scrupule de l’IA destinée à l’industrie de défense, sur le versant le plus offensif de la cybersécurité.

La fuite de données a révélé aujourd’hui que le principal moteur de son modèle était avant tout le politicien libanais : embarrassée, la startup s’est fendue d’un communiqué étrange, reconnaissant les faits et rendant d’une certaine manière hommage au politicien libanais, dont la sélection du profil aurait « pris plusieurs mois » et se trouvait « correspondre aux critères retenus », tout en « dépassant totalement l’imagination de l’équipe et les objectifs initiaux » de part « sa créativité politique sans faille et sa longévité exceptionnelle ».

Pendant plusieurs mois, la startup aurait documenté avec minutie chacun des faits et gestes du leader chiite, jusqu’à apparemment susciter une certaine suspicion de la part de son service de sécurité, que certains soupçonnent d’être à l’origine du piratage en retour. L’enquête est actuellement en cours du côté de la startup, mais celle-ci doit aussi faire face à une offensive juridique à la suite de ces révélations.

En effet, la fondation Nabih Berry a annoncé, dans la foulée de cette annonce, porter plainte au nom de l’usage illégal de la biographie et de la pensée de son leader, tandis que d’autres politiciens, dont apparemment le leader druze Walid Joumblatt, auraient contacté la startup, « de manière énergique », afin de « clarifier les préséances » et « rétablir l’ordre des réputations sur le machiavélisme à la petite semaine de pales émules » selon un proche du palais de Mukhtara. D’autres politiciens mondiaux, dont la liste reste mystérieuse, auraient manifesté leur désarroi et leur déception, mais l’entreprise se refuse à plus de commentaires. En attendant, l’éventuelle prolifération de cette IA dans de mauvaises mains inquièterait jusqu’au Pentagone.

Ce n’est pas la première fois que le Liban s’invite dans l’actualité américaine de la tech et des médias : il y a 6 mois, une usine de scénaristes Netflix chargée de préparer une série basée sur l’histoire du Liban avait été massivement victime d’une vague de burn-out et de dépressions sévères, jusqu’à susciter la mise en pause de ce projet.

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