Liban: la commission des klaxons politiques retoque le Parti Socialiste Progressiste

La commission des klaxons politiques, dans sa première réunion plénière depuis 2019, a repris ses activités, et dès sa première réunion a frappé un coup dur en retoquant (dans sa décision numéro 126/7 datée du 10 mai 2023) la candidature du Parti socialiste Progressiste à un klaxon distinctif. Son président, Walid Joumblatt, s’est dit « attristé par cette nouvelle, alors que nous avions préparé un dossier qui me semblait convainquant et déjà entrainé nos partisans à son usage« . La commission a jugée que le son n’était pas assez distinctif, ajoutant que l’onomatopée retenue pour le retranscrire manquait de réalisme. Ce dimdamdam-doudoudoubim du PSP est donc contraint de rester dans les armoires jusqu’à nouvel ordre, et ne rejoindra par le tatatata’taaa du Courant Patriotique Libre de l’ancien président Michel Aoun ou le baba-bababa-babababa-baBA des Forces Libanaises, seuls klaxons d’Etat homologués à ce jour. Comme le rappelle William Saba, président des importateurs de klaxons au Liban, « le Liban a une législation particulière et des pratiques très différentes d’autres pays en matière de klaxons, dès l’arrivée de nouvelles voitures dans le pays nous faisons généralement installer des klaxons renforcés, et même malgré ça, jusqu’à aujourd’hui, le klaxon reste la pièce détachée la plus couramment changée et l’une de celles qui fait souvent l’objet d’une surenchère à l’achat. Sur le marché noir, ses prix peuvent en effet atteindre des sommes astronomiques pour des klaxons célèbres ou tunés, c’est à dire personnalisés.

On se rappelle qu’en 2018, cette commission des klaxons politiques – composée de professeurs du conservatoire de Beyrouth, d’un représentant du Parlement, du gouvernement, du premier ministre lui même, et des artistes Haïfa Wehbé et Walid al Cheikh – avait déjà brillé par une double décision retentissante: à quelques jours des élections, la commission avait refusé un agrément de klaxon au taTAtatata-taTAtatata-tatatata proposé par Beirut Medinati, sous prétexte que le son était peu distinctif et déjà commercialisé, mais par ailleurs jugé, en s’autosaisissant, que le vroumvroumvroum des motssycles pouvait dorénavant être légalement utilisé par le parti Amal comme signature sonore, de même que le klaxon ashmatique des vieux bus de Beyrouth par le courant du futur. Une privatisation de l’espace sonore et des onomatopées afférentes qui avait à l’époque suscité une certaine critique de cette commission, même si elle est désormais soupçonnée par ailleurs de faire partie des fausses institutions créée par un collectif d’artistes dans le cadre du complot d’art contemporain dont Beyrouth a été l’objet ces vingt dernières années.

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