Michel Aoun : « la veille de mon départ, je nomme Amine Gemayel Premier Ministre »

Alors que son mandat se termine le 30 octobre prochain, les rumeurs vont bon train autour du successeur potentiel du Président Michel Aoun. Mais l’ancien commandant en chef de l’armée et fondateur du « Courant Patriotique Libre » n’a pas dit son dernier mot.

Malin, il laisse toujours planer le doute sur la possibilité de ne pas quitter le pouvoir, mais il serait surtout apparemment en train en effet d’esquisser un plan tout à fait inattendu : nommer Amine Gemayel premier ministre quelques minutes avant la fin de son mandat. « Ce serait un juste retour des choses« , argumente l’actuel président, puisque c’est exactement ce qu’Amine Gemayel avait fait en 1988 avec lui, le nommant Premier Ministre, et ouvrant alors une des périodes les plus compliquées de l’histoire libanaise. « Et à l’époque, même chose, on avait un Premier Ministre démissionnaire, comme Mikati aujourd’hui, donc bon, je vois pas pourquoi on s’appuierait pas sur un précédent pareil ».

Les deux hommes politiques se seraient en effet rapproché récemment, notamment à la faveur de discussions médicales sur leurs santés respectives (80 ans pour l’ex président de la république de 1982-1988, bientôt 89 pour l’actuel), l’un et l’autre partageant apparemment le même médecin depuis trente ans. Amine Gemayel ne manque pas de souligner la courtoisie du projet, même s’il refuse de dire si oui ou non il accepterait : « Michel Aoun est un homme que j’apprécie et je suis sensible à ses idées, et il est vrai que j’ai toujours dans les cartons quelques idées par rapport à la décoration du palais de Baabda que j’aimerais mettre en œuvre finalement, notamment sur la couleur des rideaux qui ont à mon avis trop viré au jaune ».

L’objectif serait aussi bien sûr politique : « bien entendu, que ce soit en 88 ou maintenant, l’intérêt reste toujours le même : emmerder les mêmes acteurs, Samir Geagea, Walid Joumblatt, Nabih Berry et le président syrien Assad un maximum, même si ce n’est que le fils désormais », jubile Michel Aoun. « Mais surtout Geagea » croit bon de préciser un des conseillers de Aoun à la sortie de l’entrevue. Celui-ci était, selon son conseiller communication, « indisponible en ce moment parce qu’il est en PLS à sangloter dans un coin de la maison, mais on n’arrive pas à trouver où exactement ».

Walid Joumblatt a en retour simplement tweeté, non sans ironie, « je pousserais pour ma part pour la candidature de Mikhael Daher », ce à quoi le célèbre candidat malheureux de 1988, 94 ans mais toujours connecté, lui a répondu par un émoji aubergine et diablotin. L’ancien président de la chambre, Hussein Husseini, 85 ans, vexé de ne pas être plus cité, aurait pour sa part été aperçu s’installant devant le palais de l’actuel président – Nabih Berry, 84 ans – la résidence de Ain el Tineh, avec une pancarte « Irhal [dégage], I want my Tineh back« .

Les ambassades françaises, allemandes, canadienne et états-uniennes ont pour leur part fait un communiqué fatigué promettant une augmentation de 40% de l’aide psychiatrique promise au Liban, « pour prévenir et préparer au mieux les élections présidentielles qui s’annoncent difficile ».

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