Chanson #1 / BDL

BDL (sur l’air de la bohème)

Je vous parle d’un temps
La livre à 1500
Vous n’pouvez pas connaître.
Notre monde en ce temps là
Vibrait au son d’un roi, serviteur du paraître
Tous les banquiers d’ici se servant autant que lui
avaient alors bonne mine nous le voulions pendu
Tout comme Gibran Bassil et l’hurlions dans la rue

BDL, ca voulait dire nous tous contre eux
BDL, BDL, nous descendions un jour sur deux

Aux cafés beyrouthins nous étions quelques-uns,
Qui attendions l’grand soir, et bien que vaporeux
Avec les yeux vitreux, nous ne cessions d’y croire,
Et quand les lacrymos contre nos esprits chauds
Promettaient une castagne, nous pleurions à chaudes larmes
Groupés tous hommes et femmes pour une partie de crame

BDL, BDL, on doit tout ça à Hariri
BDL, BDL, et nous vivions tous à crédit

Souvent il m’arrivait devant mon compte en banque
De passer des nuits blanches. Je l’espérais enfin
Ce signe américain, que la livre s’enchante
Mais dès le ptit matin / c’était une queue sans fin
Devant le banque pleine, épuisés et sans vie /
Il nous faudrait l’amour de Randa pour Nabih

BDL, BDL, ca durait bien depuis vingt ans
BDL BDL, et ils étaient tous au courant

Quand au début d’un jour, d’un détour par le four
J’avale un zaatar. Je ne reconnais plus
Ni les prix, ni l’bonju, qui ont pris ma jeunesse
Dans toutes les ONG on cherche ma résilience
Mais plus rien n’en subsiste, amputé de son port
Beyrouth s’enfonce s’enlise et Aoun s’endort

BDL, BDL on était joie, ils étaient fous
BDL, BDL, il faut vraiment qu’on brûle tout

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